L’article ci-dessous, rédigé par Raymonde et Nono, relate la création et la construction de la Vallée des Peaux Rouges en 1966. La genèse de cette grande aventure qui durera une vingtaine d’années.
Tel les pionniers de l’Ouest Américain, plombiers, maçons, menuisiers électriciens et autres sans qualification non moins méritants, sous la direction de Robert Mottura défrichèrent ce qui au départ était un immense terrain vague et construisirent de leurs main une ville Western avec ses magasins, son saloon, ses restaurants, ses habitations, la gare et le pont de chemin de fer, le bureau du sheriff, et même une prison.… Et plus loin le fort de cavalerie, le camp indien, les habitations Hopi …
Certains de ces "Pionniers" restèrent par la suite à la Vallée et sont devenus mes amis, d’autres sont partis sans que je puisse les connaître. A tous, je leur adresse un grand merci pour cette fantastique réalisation, qui à fait rever durant deux décennies des centaines voir des milliers de personnes.
Paul A. Pittet.
| LA VALLEE DES PEAUX ROUGES |
Par Raymonde et Nono
Gautreau-Lignereux.
La genèse
J'ai 15ans je suis au collège "Pierre Curie" à Goussainville dans le Val d'oise.
La copine de classe qui est assise à côté de moi me parle souvent de ses voisins.
Des gens bizarres, ils ont un cheval dans leur jardin, une espèce de tente ronde dressée au fond de ce même jardin.
Le pire c'est que très souvent ils se réunissent avec d'autres gens, s'habillent en indiens, font des feux de camps, dansent et chantent de drôles de trucs autour du feu, tard dans la nuit.
Ses histoires me semblaient un peu bizarres mais ma foi. Je m'étais bien déguisée en Joss Randal (Steeve Mac Queen) un jour et m'étais promené toute la journée dans Goussainville comme ça.
On m'avait dit "t'es pas cap", fallait pas me défier, déjà un peu barge la fille !!!
Comment pouvais-je savoir que cette copine me parlait de Robert Mottura qui un jour allait changer ma vie ?
Est-ce que m'habiller en Joss Randal était une prémonition ?
J'ai 16 ans, mon père est entrepreneur en maçonnerie.
Un soir il rentre à la maison en nous annonçant qu'il avait un important chantier à Chantilly. Une grosse propriété à rénover.
Mon père était un artiste, un peu bohème, le côté artistique des choses était plus important que le côté matériel. Ce qui fait qu'il a passé beaucoup plus de temps sur le chantier que le prévoyait le devis.
Une des commandes était de cacher le poste de télévision dans un mur de pierre sans pouvoir deviner ou était l'ouverture, plus, une cheminée qui était ouverte sur le salon et sur la pièce derrière le mur, qui allait être un bureau. Nous "mangions" du mur de pierre à tous les repas. ( Pour avoir été, ensuite plusieurs fois dans cette maison je peux vous assurer que mon père avait fait un travail remarquable et qu'il était impossible de deviner qu'une télé était dans le mur.)
Je vous laisse deviner le nom de ce client farfelu.
Hé oui!!! Monsieur Robert Mottura en personne.
Et de deux, qui était ce mystérieux personnage qui s'insinuait peu à peu dans ma vie.
Mon père était subjugué par cet homme hors du commun, avec des airs de Marlon Brando, artiste doué d'une grande intelligence et au pouvoir de séduction certain. Il avait l'art de mettre les gens "dans sa poche" en quelques phrases et un regard de braise.
Le temps passe et il est de plus en plus évident que les travaux ne pourront être réglés en totalité.
Pour compenser le manque à gagner, Monsieur Mottura parle alors à mon père de son projet de parc d'attraction western, et lui propose de prendre part à l'aventure en étant responsable de la construction.
Popol( mon père) il ne faut pas le pousser, aventure, cow-boys, indiens, des défis tous les jours ou presque en matière de construction, que demander de plus pour pimenter sa vie.
Automne 1965 Popol l'artiste déménage toute sa petite famille à Fleurines Oise.
Et voilà les copains ça y est, c'est parti on est
dedans.
Popol, mon père.
La construction
Dorénavant, dans mon récit, je nommerai M. Mottura "Mottu". Car nous l'appelions ainsi.
La vallée fut construite sur un site appartenant à la mairie de Fleurines, (une ancienne carrière), loué avec un bail emphytéotique (pour ceux qui ne savent pas 99 ans). Le maire est le menuisier du village, il fournira tout le bois pour la construction.
Mottu, à l'origine lui dit qu'il veut louer un terrain pour créer une association qui fera de l'indianisme. Quelques jours avant l'ouverture, le maire sera mis devant le fait accompli.
Après quelques pourparlers houleux, le charme de Mottu a encore opéré.
Je pense que ni le maire, ni le village de Fleurines ne le regretteront. Quand on voit le développement du village actuellement, et qu'on l'a connu auparavant, on comprend.
Je ne peux pas dire que j'étais ravie de me trouver là. Plus d'amis, plus mes habitudes, les bals, les cinés, la galère quoi. Pour punir mon père de m'avoir fait quitter mon cocon, je ne m'intéresse pas à son travail. Ce qui fait que je ne monte au terrain que plus tard. Mes relations avec mon père étaient plus des rapports d'amitié, que des rapports père-fille. Il aimait avoir mon avis sur son travail et cette bouderie le chagrinait. Les pourparlers pour que je passe mes week-ends à Goussainville ont détendu l'atmosphère. Il faut dire qu'à cette époque j'avais déjà un caractère bien trempé (une petite conne quoi).
Tous les jours mon père rentrait du travail et me parlait d'un garçon qu'il trouvait très beau. Inlassablement je lui répondais que je n'avais pas besoin de lui pour me trouver un "jules". (En fait c'était Nono, il est tombé amoureux de lui avant moi.).
J'occupais mon temps comme je pouvais, mais n'ayant pas voulu reprendre le collège, je commence à m'ennuyer grave. Je fréquente un peu les gosses de paysans du coin, mais ils ne m'intéressent pas. Un peu snobinards, tournés sur eux même, chiants quoi.
Les dimanches quand je suis à Fleurines, je monte à la Vallée voir la progression du chantier. Je n'ai aucune idée de ce que cela va donner. Pour le moment c'est plutôt des tas de boue et un enchevêtrement de matériaux.
D'ailleurs la chanson à la mode que tout le monde chante sur le
chantier c'est "la gadoue" de Pétula Clark.

Je fais la connaissance de "la garde rapprochée" de Mottu.
L'équipe se compose de : mon père évidemment, mon frère Serge, Mario Lurrachi, un garçon nommé Mibel et le meilleur pour la fin, Ninou, qui nous venait de Menton. Il faisait son apparition sur le chantier vers 16h, et commençait à travailler quand les autres terminaient. Il était chargé des travaux de plomberie. Une nonchalance toute méditerranéenne. Son accent nous ravissait, une bonne partie de ces phrases était ponctuée de "oh belin" ce qui devint son surnom.
Je fraternise tout de suite avec Mario qui deviendra pour moi un vrai pote et même un frère dans mon cœur. J'aime aller lui casser les bonbons. Il me traite d'intello. Et quand je veux le faire râler je n'ai qu'à lui dire cette phrase: "Le train de tes insultes roule sur les rails de mon indifférence et vient s'écraser contre le buttoir de mon mépris", et c'est parti pour une joute orale et ça fini par "oh!, toi et tes phrases toutes faites" (parce que j'en ai d'autres) et voilà je l'ai mis en rogne et je suis contente.
La construction se passe à la va que je te pousse. Aucun plan, Mottu travaille au jour le jour, selon l'inspiration. Le matin il donne à papa le plan d'une baraque dessinée sur un paquet de Gitanes (pour les jeunes, c'est des cigarettes) et vas-y Popol débrouilles toi (tout ce qu'il aime). Les plans seront faits après coup, en fait pour avoir l'autorisation d'ouvrir le parc.
La première baraque terminée est le "black smith" elle servira dans un premier temps de bureau et de studio pour Jacky et sa femme Claude . Ils feront office de gardiens. Ensuite ce sera l'antre de Nicole, qui sera responsable des costumes. Les figurants viendront s'y habiller. L'hiver nous y restaurerons les costumes et en fabriquerons de nouveaux. J'ai appris, avec Mario à coudre des perles, des piquants de porc-épic, des galons sur les pantalons de l'armée, faire des robes et des tuniques indiennes, des mocassins. Nous travaillerons avec des matériaux achetés en Allemagne? Peaux de daim, plumes d'aigle, introuvables en france. Nos costumes indiens seront des répliques d'authentiques costumes indiens.
La seconde sera "la saddlery" ou se tiendra la cantine le temps de la construction.
C'est décidé, je veux travailler. On me propose un poste de cantinière à la Vallée.
Nous sommes en février 1966.
Premier jour dans la fausse aux lions. Je suis reçue par Micheline Mottura, qui me présente aux responsables de la cantine, M. et Mme G. qui étaient de petits actionnaires, hypnotisés eux aussi par "le charmant" Mottu. Je dis hypnotisé car ces braves gens me faisaient penser à de malheureux piafs face à un serpent. Sans méchanceté aucune, c'est juste l'impression que j'avais. J'avais pour lui (Mottu) une admiration sans borne, mais je ne lui ai jamais fait voir et il a toujours cru que je ne l'aimais pas. C'était un être imbu de sa personne et je ne voulais pas lui faire ce plaisir. C'était jubilatoire. J'étais la seule personne à ne pas lui faire de courbettes. Et ça, ça vexait son ego (toujours la petite conne).
A la cantine je gagnerai 5fr par jour pour le service du midi. C'est super, j'avais 5fr d'argent de poche par semaine.
"M. G", le premier personnage de ma galerie "d'allumés", ça y est, je suis dans la 4ème dimension. Un petit bonhomme avec "des dents qui courent après le beef- steack", une caricature de cow-boy, avec son pantalon dans ses bottes et son chapeau de pacotille. Qui est charmant et très gentil de surcroît, mais qui te postillonne dessus allègrement. Manger en face de lui était un calvaire.
Midi arrive, que va t-il se passer? Je vois entrer dans la cantine une vingtaine d'hurluberlus affamés.
Il y a la table des chefs (la garde prétorienne), et les ouvriers.
Personne ne sait qui je suis, des réflexions salaces commencent à fuser. Je les ignore, papa ne dit rien il me connaît et sait que je saurais remettre les choses en place s'il le faut. Je crois même que ça l'amuse.
Une remarque déplacée de Gérard F me fait le rembarrer vertement, étant très rancunière c'est le seul que je mettrai longtemps à accepter. Mais après des excuses et en apprenant à se connaître, c'est devenu un copain.
Le bruit c'est vite répandu que j'étais la fille du chef et la sœur de Serge. Tout le monde craignait Popol, avec son air d'ours mal léché, mon frère était aussi très respecté. Il n'y a plus jamais eu de mots déplacés.
Dans ce lot hétéroclite je repère très vite Nono. C'est une évidence, Papa avait raison.
Les jours passent et avec le mauvais temps le chantier prend du retard.
On se dépêche de terminer une autre baraque, qui plus tard sera la banque. Elle va servir de dortoir. Mottu et Popol proposent à ceux qui le veulent de dormir sur place, pour gagner du temps. Les garçons travaillent une bonne dizaine d'heures par jour y compris le samedi et le dimanche.
Un samedi soir, mon frère me dit que les ouvriers lui ont proposé de venir avec eux au bal, dans un patelin du coin. Le bal c'est pas son truc mais il aimerait mieux connaître son équipe et me propose de l'accompagner. Moi le bal c'est mon truc, danser j'adore ça.
L'équipe se compose de Nono, Marcel W, Michel B, Roger M (cousin de Nono) et Rodolphe je ne sais plus quoi. Ces charmants garçons avaient fait un pari (une bouteille de champagne) pour savoir qui sortirait avec moi. Evidemment j'avais prévu de sortir avec Nono. Ce qui fut fait et Nono m'a vendu la mèche au sujet du pari. Je suis donc allée voir ces jeunes hommes et leurs ais dit que c'était moi qui avais gagné le champagne. Nous avons tous, bu cette bouteille en rigolant.
Hé! voilà mon destin est en marche.
Nous sommes au mois de mars. Mottu désire commencer la promo du parc pour l'ouverture prévue en mai.
Il demande à quelques garçons s'ils acceptent de se couper les cheveux à "l'iroquois". Nono, Marcel, Gérard et Michel sont les volontaires.
Certains dimanches nous partons dans les villes alentours, nous montons un tepee et donnons un spectacle avec des danses indiennes, interprétées par Mottu et Mario. Tant que nous faisions des spectacles, la coupe iroquois ça allait, mais quand nous allions dans les bals, les garçons faisaient fureur, maintenant ils passeraient inaperçus mais en 1966 je peux vous dire que ça surprenait.

Le pont
Le circuit du petit train est prévu sur deux petites collines. Il va falloir faire un pont pour les relier.
Nouveau défi pour Popol, construire un ouvrage d'art.
C'est décidé le pont sera construit dans les règles de l'art, selon les techniques en vigueurs au siècle dernier (19ème). Aucune technique moderne ne sera utilisée.
Les trous pour enterrer les piliers (fermes) seront faits à la main, plus de deux mètres de profondeur. Les fermes montées à la force d'un treuil à main, celles du centre feront 12m de haut. Même avec le retard Popol n'a jamais cédé. Après chaque ferme posée, l'équipe quittait le chantier en sautant du haut de la ferme, idée de Serge. Et personne ne s'est jamais dégonflé ;.
Le pont recevra l'agrément de la SNCF, indispensable pour que le train puisse circuler et transporter des voyageurs. Je vous raconte pas comme Popol était fier.
Les photos de la
construction du pont.
Mottu avait récupéré tous les rails, une ancienne locomotive
et les chariots dans une carrière de la région. La loco était un truc de chantier. Elle fut amenée au garage Delacharlerie à Senlis, (Delacharlerie était le principal actionnaire de la Vallée)
pour y être transformée en loco western, avec son pare-buffles, sous les mains d'un autre artiste Daniel Gaudinot ferronnier hors pair. Mari d'une cousine de
Nono.
Lui aussi fait partie de ma galerie d"allumés". Cet homme était un vrai ours quand il était à jeun, j'osais à peine lui dire bonjour. Mais lorsqu'il
avait un verre dans le nez c'était une des personnes les plus drôles que j'ai jamais connu. Un vrai paradoxe.
Certain s'en souviendront peut-être, il s'éjectait tout seul du saloon en disant "rouler bouler". Et c'était aussi drôle d'un côté de la porte que de l'autre.
Il travaillait avec un autre gars qui s'appelait Fernand, un soir au retour du garage Daniel dit à Fernand "demain je te mets ma main dans la gueule", nous nous sommes tous regardés un peu étonnés (Fernand faisait presque le double de Daniel). Le lendemain matin, Fernand buvais son café avec les autres dans la cantine, Daniel est arrivé, lui a collé une gifle magistrale et est ressorti, Fernand est resté comme deux ronds de flan. Nous n'avons jamais su le pourquoi de cette gifle.
Tout se construit en même temps, la rue principale, le pont, les routes, le fort qui sera terminé que quelques jours avant l'ouverture .
Quelques chevaux sont déjà au fort. A la fin de la journée Mottu propose à ceux qui le veulent d'apprendre à monter à cheval. C'est Jean-Marc Diamédo, un ami de Mottu, qui vient s'y coller. Nous aurons en ces occasions quelques bons fous rires. Je ne dénoncerai personne il y a prescription.
Après l'effort le réconfort, donc après le boulot il y avait parfois aussi des duels au pistolet. Tout le monde jouait au cowboy. Un duel était prévu entre Mottu et Mario ou Mibel je ne me souviens plus très bien, Mottu n'aimait pas perdre et donc pour être prêt plus vite il avait armé son pistolet avant de le glisser dans la ceinture de son pantalon. Ce qui devait arriver arriva. Quand il voulut dégainer, le coup partit tout seul il fut touché dans sa fierté et dans son intimité, le duel se termina à l'hôpital de Senlis.
Peu charitables, nous en avons ri pendant longtemps.La promotion
Avril sera un mois chargé.
La promotion pour l'ouverture sera faite par un autre personnage important pour la vallée , Mr Philippe Cart-Tanneur.
Un géni pour trouver des "coups" de pub. L'attachée de presse était Laurence Delanaye.
Philippe apprend que les chevaux des glacières de Paris doivent être envoyés à l'abattoir. La vallée des peaux rouges va faire une bonne action et sauver les chevaux, à grand renfort de battage médiatique.
Pour les rapatrier dans l'Oise une troupe d'une cinquantaine d'indiens, de cow-boys, d'émigrants, en diligence, covered-wagons, va faire le voyage jusqu'à Paris. Et mettra une semaine pour rentrer à Fleurines à cheval, distribuant sur leur passage prospectus et entrées gratuites. Cette caravane était impressionnante et s'étirait sur une centaine de mètres avec des figurants à pied, à cheval, en diligence et chariots d'émigrants.
Ce fut encore une expérience très agréable, j'en garde un excellant souvenir.
Dans ce périple se dégageât encore un personnage de ma galerie, Willy, nous avons mis plusieurs jours avant de déterminer si c'était un garçon ou une fille, ça alimentait une grande partie de nos conversations, si ça avait été un garçon cela aurait été un très joli garçon, mais c'était une fille!!! Un peu spéciale.L'inauguration
L'inauguration pour la presse a lieu le 6 avril
1966.
L'ouverture se fera début mai. Quelques jours avant, branle-bas de combat, la vallée se transforme en fourmilière. Les peintres, les décorateurs, les engins de travaux publics, c'est l'entreprise Zuccatto qui fait le terrassement, je monte sur les engins et je me régale. ( Zuccatto deviendra, un actionnaire, car la facture sera payée en actions. M Zuccatto venait passer ses week-end à la Vallée, il empruntait le chapeau et les revolvers de Nono et jouait au cow-boy).
La réception des produits mis en vente dans les magasins.
Dès l'ouverture je vais tenir le magasin de vêtements. Aucune expérience de la vente, ni de la tenue d'un stock. Mais c'est sur le tas que l'on fait ses preuves.
L'après midi, après la cantine, je déballe les cartons et je contrôle les bons de livraisons. Il faut dire que tous les produits viennent d'Amérique, jeans, chemises western, Stetson, bottes, ceintures, bollo-tie, cravates, casquettes sudistes et nordistes etc... Michèle, la responsable du magasin, me donne les bons de livraison, me fait voir les cartons et me dit "contrôle s'il ne manque rien".
Merci Michèle, je n'ai jamais vu de bon de livraison et en anglais encore moins. Il m'a fallu au moins trois jours pour comprendre les codes, car tout était codé. Aucune aide ne m'a été apportée, personne ne comprenait plus que moi.
Très bonne expérience.
Le Sheriff Office sera meublé avec de vrais Chesters (une folie de Mottu), il voulait que tout soit le plus authentique possible.
La tête de bison du saloon coûtera aussi une petite fortune.
La vallée commencera avec
un déficit énorme.

L'ouverture
Pour nous c'est la fin de
notre vie de pionnier, il va falloir partager notre terrain de jeux avec les autres. Mais, nous retrouvons nos habitudes dès la fermeture des portes le soir.
Je dois parler du dépaysement que ressentait le client une fois
passées les portes du parc. Pour les amateurs de western, c'était un enchantement, des indiens magnifiques, des costumes à couper le souffle, un régiment de cavalerie plus vrai que
nature.
Pour entretenir le parc
durant la journée Mottu avait eu l'idée d'habiller les gars de l'entretien en bagnards avec un boulet au pied, c'était une attraction à eux seuls. Le gars qui leurs servait de garde prenait son
rôle très au sérieux et de temps en temps il leurs donnait des coups de fouet. Quand un des gars en avait marre, il attrapait son boulet et se mettait à courir, le gars se précipitait derrière.
Cela faisait une attraction non prévue.
Notre mariage
Nono et moi, nous nous sommes rencontrés en février, fiancés en Juillet et mariés en novembre et cela fait 41 ans, 4 enfants et 8 petits enfants pour le moment.Je dois vous dire que Popol était ravi de marier sa fille dans ce contexte il n'en était pas de même pour ma mère, elle n'avait pas du tout la fibre western et dans ce cas, pas non plus le sens de l'humour.
J'aurais encore beaucoup d'anecdotes à vous raconter, mais toutes ne sont pas racontables, et plus j'écris plus les souvenirs reviennent.
La suite au prochain numéro.A SUIVRE......
