http://www.valleedespeauxrouges.net/
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http://www.valleedespeauxrouges.net/article-16449808.html
Que tu sois un Ancien ou un Ami
de la Vallée des Peaux Rouges,un voyageur égaré ou simple curieux,
et si tes intentions sont pacifiques,
alors, tu es le bienvenu.
Entre sans plus tarder dans le blog deLa Vallée des Peaux
Rouges.
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]]>fr2008-06-16T19:05:52Z
http://www.valleedespeauxrouges.net/article-16780027.html
Les
nouveautés
Clic pour ouvrir ces pages.
-
Joê Hamman à la Vallée des Peaux Rouges.
- Décès de
Patrick Bourlier.
-
Naissance d'une grande aventure. 1966. la création et la construction de
la Vallée des Peaux Rouges. par Raymonde et Nono Gautreau-Lignereux.
- Le Livre d'or
de la Vallée en 1966. Raymonde et Nono Gautreau-Lignereux.
- Décès de Jack
Rogers.
Sommaire général.
Clic pour ouvrir ces pages.
- Remerciements de
Ralph Mottura.
- 1968. Chasse aux bisons en forêt d'Hallatte. par Paul A. Pittet
- La Vallée des Peaux
Rouges, vue par Kinou.
- Le 4 Juillet 1978. à la Vallée des Peaux Rouges. par Paul Pittet.
- La Vallée des Peaux
Rouges en 1966, par Igor Muchins et Gil Gunhold.
- Vidéo. Annie Philippe
chante Ticket de quai. 1966.
- Vidéo. Les Chasseurs de primes.
- Vidéo. Terreur dans
la Vallée. 1968 avec Eric Charden.
- Décès
de Jacqueline Pujol.
- La page d'un collectionneur.
Vincent Bouderlique.
- Hugues Aufray joue les
Cow-Boys à la Vallée des Peaux Rouges.
- Go West young man and grow up
with the country. par Paul A. Pittet.
- Souvenirs d'un cavalier US en 1966. par Jean-Claude
Gadenne.
- 1970. Les
Américains du Rodéo Far-West échoués à la Vallée. P. Pittet.
- La Vallée des Peaux
Rouges. Quand la presse en parlait.
- Quand les indiens
et cow-boys de la Vallée sortent de leur réserve.
- Souvenirs d'un gamin de 7
ans... qui en a aujourd'hui 41. par Kalmouk.
- Souvenirs et
témoignages.
- Jacques Launay et les DESPERADOS.
- Souvenirs de Jacques
Hantonne.
- Vidéo. Valerie
Lagrange à la Vallée des Peaux Rouges.
- Go to the West. par John
Bertinet.
]]>fr2008-06-17T11:05:31Z
http://www.valleedespeauxrouges.net/article-20301697.html
Lorsque j’ai créé ce blog il y a un an, je
pensais qu’il serait le témoin des bons moments et des bons souvenirs de ceux ayant connu ou participé à la vie de la Vallée des Peaux Rouges.
A aucun moment, je pensais qu’il deviendrait au fil du temps une rubrique nécrologique.
Hélas, plus nous avançons en âge et dans le temps, plus nous, les « Anciens » voyons nos rangs se clairsemer. C’est la loi immuable de la vie et de la mort.
Aujourd’hui encore une triste nouvelle vient nous frapper. Le départ de Roger Jacquart dit Jack Rogers emporté
par ce que l’on appelle « une longue maladie ».
Je laisserais le soin à notre ami Kinou, de présenter en quelques mots notre camarade Jack
Rogers.
So long Jack.
Paul A. Pittet.
Salut l’artiste !
Les vieux copains nous quittent souvent à cause d’une « saleté « que l’on appelle cancer .
C’est le cas de Roger JACQUART connu sous le nom de Jack ROGERS
Né en 1942 et décédé le 2 juin 2008
J’ai connu ce touche à tout bourré de talents en 1967 à La
Vallée . Ce caméléon artistique était à la fois un dessinateur – caricaturiste , peintre excellent , créateur de textes , chansons , poèmes . Sa passion pour le lasso l’a entraîné dans
les sphères du rodéo américain aussi bien aux Etats-Unis qu’en Allemagne pour l’Américan Rodéo ( Ce qui est exceptionnel pour un français ).
Depuis 40 ans nous sommes toujours restés en contact et nos routes se sont souvent croisées , à la Vallée , en spectacles , à l’Hippodrome Jean Richard pour le Rodéo Américain de 1980
.
Ses dessins ont jalonné ma vie à l’occasion de la naissance de mes enfants, jusqu’à mes dernières publicités
professionnelles .
Bonne route au « Little Big Man » du lasso.
Ton ami Kinou
Un petit mot de notre ami Jean-François, Jeff Demange.
Encore un de moins en plus !
Jack venait souvent à la maison, lorsque j’étais dans l’Yonne. Frileux, il portait alors un bonnet de renard et son surnom était alors « Bleck Le Rock ». Ce personnage à part
aimait l’auto dérision.
Pour mémoire, il avait commencé par être comptable, et était un jour tombé sur un livre d’initiation au lasso chez un bouquiniste.
Au lieu de déjeuner, il allait au Bois de
Boulogne, enlevait son costard gris, passait une tenue western et s’entraînait avec des drisses achetées chez un fournisseur d’accastillage de la rue de la Grande Armée.
A deux heures, il redevenait le petit comptable gris à la Folon.
Tout ça pour aller rouler sa bosse aux Etats
Unis, malgré un physique peu adapté au monde des rodéos...
Il laisse un
vide.
Jeff
Ci-dessous une petite partie des nombreux talents de JacK Rogers.
]]>fr2008-06-26T14:04:23Z
http://www.valleedespeauxrouges.net/article-16739083.html
Par Jean-Marie “John” Bertinet.
Une gueule à la Clint Eastwood, non?
A l’ouest, j’y étais déjà. D’ailleurs je suis né à l’ouest, un hasard sûrement et c’est à l’ouest que j’ai fait la rencontre de Jack Launay chanteur de son
état en tournée à Riva Bella, où je me produit moi-même comme chanteur au casino sous le nom de John Bird. Et puis nous nous sommes perdus de vue.
Quelques mois plus tard, par le plus grand des hasards, je revois Jack, coiffé d’un chapeau et habillé en cow-boy occupé à distribuer des prospectus sur un parking de Chantilly. Il me dit travailler à Fleurines dans un parc d’attractions la Vallée des Peaux Rouges, et me propose d’aller y jeter un coup d’oeil.
Jack Launay.
Quelques jours après, arrivé sur le parking qui surplombe la Vallée, c’est le choc et la stupéfaction. Sous mes
yeux, un village Western avec sa rue et ses magasins, le saloon …Un camp indien avec ses tepees , un fort de cavalerie…comme la bas, l’Ouest le vrai.
Je franchis l’entrée. J’y resterais deux ans et demi de 1967 à 1969, (Après un séjour à la Mer de Sable à Ermenonville, je retournerais à la Vallée quelques
années plus tard de 1978 à 1980, cette fois comme commerçant où je tiendrais avec Catherine un magasin de souvenirs.).
Mais ne brûlons pas les étapes et revenons à 1967 où je retrouve Jack Launay qui me fait visiter les lieux, et
surtout me présente les personnages avec lesquels durant cette période je vivrais cette vie incroyable de « Cow-boy ». Des personnages avec
des « gueules » plus vraies que nature, les deux premiers me revenant en mémoire : le Père Chacon en chef indien et le trappeur Grugeon tout droit sortis d’un Western
à la John Ford, et puis les autres avec lesquels j’ai eu la joie de travailler et d’appartenir à une « famille » hors du commun, de passionnés, de gens qui vivaient leur vie dans un
autre monde, celui du Western.
Je reviendrais plus tard sur tout ces personnages : Ninou, Kinou, Jack, Guy, Yvon, Mario, Champalu, le Sheriff Jean-Pierre et beaucoup
d’autres…
le
"père Chacon" et Suzanne Chacon.
Le trappeur Grugeon.
Pour commencer, à seigneur tout honneur, voilà une « Gueule » extraordinaire , Paul Pittet avec son épouse Annie et leur fils Siegfried, une famille dont j’ai l’immense bonheur
d’appartenir depuis 40 ans.
La passion les habite depuis toujours. Paul par Buffalo Bill et l’Ouest Américain, Annie aussi et par la politique, « sig »par l’aviation, il est
aujourd’hui pilote et vit au Texas.
Je les vois encore habitant au Fort Apache, à droite en entrant, c’est là que Paul a fabriqué mon premier
holster ( à cette époque il travaillait le cuir), il est aussi le premier avec qui j’ai fait une « éjection » de Saloon, suivi d’un « savattage » en règle. Ce n’était pas
l’éjection que je craignais, mais ce qui me faisait le plus peur, c’était le pointu de ses bottes. Enfin au bout de quelques temps je m’y suis fait et mes côtes aussi.
Siegfried Pittet.
Encore un grand merci à « Cole » Paul, d’avoir eu l’idée géniale de créer ce site sur la Vallée des Peaux Rouges, et de pouvoir grâce à ça, partager nos souvenir de
jeunesse, souvenirs extraordinaires, (et les mots sont faibles) qui ne nous ont jamais quittés et que l’on n’oubliera jamais.
A bientôt pour la suite de mes aventures.
Paul
et Annie Pittet.
John Bertinet.
]]>fr2008-03-05T17:30:08Z
http://www.valleedespeauxrouges.net/article-20156496.html
Nous avons reçu la triste nouvelle de la disparition de Patrick Bourlier,
une figure de la Vallée des Peaux Rouges et du monde équestre.
Nous nous associons à la douleur de ses proches.
Nous reproduisons ci-dessous les quelques mots très simples que Patrick voulait faire
paraître. il avait choisi cette photo ci dessous pour saluer ses amis.
"Patrick Bourlier a tiré sa révérence le 28 avril 2008
selon sa volonté, il salue tous ses amis du monde équestre.
sa fille, Lilas Bourlier et sa compagne Caroline Grimaud
Haras de Castries
Ch. de Bannieres
34160 Castries"
voila donc la photo qu'avait choisi Patrick pour ses adieux.
le cheval etait Inferno, étalon PSL ortigao costa.
Petit mot de Marianne une de ses amies.
Ce que je peux ajouter en temps qu'amie, c'est que Patrick a donné à des centaines de cavaliers l'envie de monter à cheval, et surtout a rendu ses fidèles passionnés . l'art de monter à
cheval avec Patrick s'etendait de la haute école à la promenade contemplative, tout ce qui peut rendre une homme heureux avec son cheval, en parfaite complicité, quel que soit le niveau du
cavalier et ses envies. pour nous, c'est une cruelle perte, un ami irremplaçable, un confident, un vrai maître en toute simplicité.
il avait une façon particulière de raconter sa vie de cavalier qui nous a captivé et chaque fois nous attendions une nouvelle
anecdote.... un vrai conteur.... un sage.
Peut etre plus jeune a t il été plus fou et plus temeraire, plus "mustang"qu'"hanovrien"...et c'est cela qui a fait la force de son
personnage.
Les cavaliers randonneurs du Haras de Castries le saluent et le remercient.
Marianne.
Nous recherchons des photos de Patrick à la Vallée. merci de nous les communiquer si vous en detenez.
]]>fr2008-06-04T11:26:36Z
http://www.valleedespeauxrouges.net/article-16533599.html
L’article ci-dessous, rédigé par Raymonde et Nono, relate la création et la construction
de la Vallée des Peaux Rouges en 1966. La genèse de cette grande aventure qui durera une vingtaine d’années.
Tel les pionniers de l’Ouest Américain, plombiers, maçons, menuisiers électriciens et autres sans qualification non moins méritants, sous la direction de
Robert Mottura défrichèrent ce qui au départ était un immense terrain vague et construisirent de leurs main une ville Western avec ses magasins, son saloon, ses restaurants, ses habitations, la
gare et le pont de chemin de fer, le bureau du sheriff, et même une prison.… Et plus loin le fort de cavalerie, le camp indien, les habitations Hopi …
Certains de ces "Pionniers" restèrent par la suite à la Vallée et sont devenus mes amis, d’autres sont partis sans que je
puisse les connaître. A tous, je leur adresse un grand merci pour cette fantastique réalisation, qui à fait rever durant deux décennies des centaines voir des milliers de
personnes.
Paul A. Pittet.
LA VALLEE DES PEAUX ROUGES
Par Raymonde et Nono
Gautreau-Lignereux.
La
genèse
J'ai 15ans je suis au collège "Pierre Curie" à Goussainville dans le
Val d'oise.
La copine de classe qui est assise à côté de moi me parle souvent de
ses voisins.
Des gens bizarres, ils ont un cheval dans leur jardin, une espèce de
tente ronde dressée au fond de ce même jardin.
Le pire c'est que très souvent ils se réunissent avec d'autres gens,
s'habillent en indiens, font des feux de camps, dansent et chantent de drôles de trucs autour du feu, tard dans la nuit.
Ses histoires me semblaient un peu bizarres mais ma foi. Je m'étais
bien déguisée en Joss Randal (Steeve Mac Queen) un jour et m'étais promené toute la journée dans
Goussainville comme ça.
On m'avait dit "t'es pas
cap", fallait pas me défier, déjà un peu barge la fille !!!
Comment pouvais-je savoir que cette copine me parlait de Robert
Mottura qui un jour allait changer ma vie ?
Est-ce que m'habiller en Joss Randal était une prémonition
?
J'ai 16 ans, mon père est entrepreneur en
maçonnerie.
Un soir il rentre à la maison en nous annonçant qu'il avait un
important chantier à Chantilly. Une grosse propriété à rénover.
Mon père était un artiste, un peu bohème, le côté artistique des
choses était plus important que le côté matériel. Ce qui fait qu'il a passé beaucoup plus de temps sur le chantier que le prévoyait le devis.
Une des commandes était de cacher le poste de télévision dans un mur
de pierre sans pouvoir deviner ou était l'ouverture, plus, une cheminée qui était ouverte sur le salon et sur la pièce derrière le mur, qui allait être un bureau. Nous "mangions" du mur de pierre
à tous les repas. ( Pour avoir été, ensuite plusieurs fois dans cette maison je peux vous assurer que mon père avait fait un travail remarquable et qu'il était impossible de deviner qu'une télé
était dans le mur.)
Je vous laisse deviner le nom de ce client
farfelu.
Hé oui!!! Monsieur Robert Mottura en
personne.
Et de deux, qui était ce mystérieux personnage qui s'insinuait peu à
peu dans ma vie.
Mon père était subjugué par cet homme hors du commun, avec des airs
de Marlon Brando, artiste doué d'une grande intelligence et au pouvoir de séduction certain. Il avait l'art de mettre les gens "dans sa poche" en quelques phrases et un regard de
braise.
Le temps passe et il est de plus en plus évident que les travaux ne
pourront être réglés en totalité.
Pour compenser le manque à gagner, Monsieur Mottura parle alors à mon
père de son projet de parc d'attraction western, et lui propose de prendre part à l'aventure en étant responsable de la construction.
Popol( mon père) il ne faut pas le pousser, aventure, cow-boys,
indiens, des défis tous les jours ou presque en matière de construction, que demander de plus pour pimenter sa vie.
Automne 1965 Popol l'artiste déménage toute sa petite famille à Fleurines Oise.
Et voilà les copains ça y est, c'est parti on est
dedans.
Popol, mon père.
La construction
Dorénavant, dans mon récit, je nommerai M. Mottura "Mottu". Car nous
l'appelions ainsi.
La vallée fut construite sur un site appartenant à la mairie de
Fleurines, (une ancienne carrière), loué avec un bail emphytéotique (pour ceux qui ne savent pas 99 ans). Le maire est le menuisier du village,
il fournira tout le bois pour la construction.
Mottu, à l'origine lui dit qu'il veut louer un terrain pour créer une
association qui fera de l'indianisme. Quelques jours avant l'ouverture, le maire sera mis devant le fait accompli.
Après quelques pourparlers houleux, le charme de Mottu a encore
opéré.
Je pense que ni le maire, ni le village de Fleurines ne le
regretteront. Quand on voit le développement du village actuellement, et qu'on l'a connu auparavant, on comprend.
Je ne peux pas dire que j'étais ravie de me trouver là. Plus d'amis,
plus mes habitudes, les bals, les cinés, la galère quoi. Pour punir mon père de m'avoir fait quitter mon cocon, je ne m'intéresse pas à son travail. Ce qui fait que je ne monte au terrain que
plus tard. Mes relations avec mon père étaient plus des rapports d'amitié, que des rapports père-fille. Il aimait avoir mon avis sur son travail et cette bouderie le chagrinait. Les pourparlers pour que je passe mes week-ends à Goussainville ont détendu l'atmosphère. Il faut dire qu'à cette époque j'avais déjà un caractère
bien trempé (une petite conne quoi).
Tous les jours mon père rentrait du travail et me parlait d'un garçon
qu'il trouvait très beau. Inlassablement je lui répondais que je n'avais pas besoin de lui pour me trouver un "jules". (En fait c'était Nono, il est tombé amoureux de lui avant
moi.).
J'occupais mon temps comme je pouvais, mais n'ayant pas voulu
reprendre le collège, je commence à m'ennuyer grave. Je fréquente un peu les gosses de paysans du coin, mais ils ne m'intéressent pas. Un peu snobinards, tournés sur eux même, chiants
quoi.
Les dimanches quand je suis à Fleurines, je monte à la Vallée voir la
progression du chantier. Je n'ai aucune idée de ce que cela va donner. Pour le moment c'est plutôt des tas de boue et un enchevêtrement de matériaux.
D'ailleurs la chanson à la mode que tout le monde chante sur le
chantier c'est "la gadoue" de Pétula Clark.
Je fais la connaissance de "la garde rapprochée" de
Mottu.
L'équipe se compose de : mon père évidemment, mon frère Serge, Mario
Lurrachi, un garçon nommé Mibel et le meilleur pour la fin, Ninou, qui nous venait de Menton. Il faisait son apparition sur le chantier vers 16h, et commençait à travailler quand les autres
terminaient. Il était chargé des travaux de plomberie. Une nonchalance toute méditerranéenne. Son accent nous ravissait, une bonne partie de ces phrases était ponctuée de "oh belin" ce qui devint
son surnom.
Je fraternise tout de suite avec Mario qui deviendra pour moi un vrai
pote et même un frère dans mon cœur. J'aime aller lui casser les bonbons. Il me traite d'intello. Et quand je veux le faire râler je n'ai qu'à lui dire cette phrase: "Le train de tes insultes
roule sur les rails de mon indifférence et vient s'écraser contre le buttoir de mon mépris", et c'est parti pour une joute orale et ça fini par "oh!, toi et tes phrases toutes faites" (parce que
j'en ai d'autres) et voilà je l'ai mis en rogne et je suis contente.
La construction se passe à la va que je te pousse. Aucun plan, Mottu
travaille au jour le jour, selon l'inspiration. Le matin il donne à papa le plan d'une baraque dessinée sur un paquet de Gitanes (pour les jeunes, c'est des cigarettes) et vas-y Popol débrouilles
toi (tout ce qu'il aime). Les plans seront faits après coup, en fait pour avoir l'autorisation d'ouvrir le parc.
La première baraque terminée est le "black smith" elle servira dans
un premier temps de bureau et de studio pour Jacky et sa femme Claude . Ils feront office de gardiens. Ensuite ce sera l'antre de Nicole, qui sera responsable des costumes. Les figurants
viendront s'y habiller. L'hiver nous y restaurerons les costumes et en fabriquerons de nouveaux. J'ai appris, avec Mario à coudre des perles, des piquants de porc-épic, des galons sur les
pantalons de l'armée, faire des robes et des tuniques indiennes, des mocassins. Nous travaillerons avec des matériaux achetés en Allemagne? Peaux de daim, plumes d'aigle, introuvables en france.
Nos costumes indiens seront des répliques d'authentiques costumes indiens.
La seconde sera "la saddlery" ou se tiendra la cantine le temps de la
construction.
C'est décidé, je veux travailler. On me propose un poste de
cantinière à la Vallée.
Nous sommes en février 1966.
Premier jour dans la fausse aux lions. Je suis reçue par Micheline
Mottura, qui me présente aux responsables de la cantine, M. et Mme G. qui étaient de petits actionnaires, hypnotisés eux aussi par "le charmant" Mottu. Je dis hypnotisé car ces braves gens me
faisaient penser à de malheureux piafs face à un serpent. Sans méchanceté aucune, c'est juste l'impression que j'avais. J'avais pour lui (Mottu) une admiration sans borne, mais je ne lui ai
jamais fait voir et il a toujours cru que je ne l'aimais pas. C'était un être imbu de sa personne et je ne voulais pas lui faire ce plaisir. C'était jubilatoire. J'étais la seule personne à ne
pas lui faire de courbettes. Et ça, ça vexait son ego (toujours la petite conne).
A la cantine je gagnerai 5fr par jour pour le service du midi. C'est
super, j'avais 5fr d'argent de poche par semaine.
"M. G", le premier personnage de ma galerie "d'allumés", ça y est, je
suis dans la 4ème dimension. Un petit bonhomme avec "des dents qui courent après le beef- steack", une caricature de cow-boy, avec son pantalon dans ses bottes et son chapeau de pacotille. Qui
est charmant et très gentil de surcroît, mais qui te postillonne dessus allègrement. Manger en face de lui était un calvaire.
Midi arrive, que va t-il se passer? Je vois entrer dans la cantine
une vingtaine d'hurluberlus affamés.
Il y a la table des chefs (la garde prétorienne), et les
ouvriers.
Personne ne sait qui je suis, des réflexions salaces commencent à
fuser. Je les ignore, papa ne dit rien il me connaît et sait que je saurais remettre les choses en place s'il le faut. Je crois même que ça l'amuse.
Une remarque déplacée de Gérard F me fait le rembarrer vertement,
étant très rancunière c'est le seul que je mettrai longtemps à accepter. Mais après des excuses et en apprenant à se connaître, c'est devenu un copain.
Le bruit c'est vite répandu que j'étais la fille du chef et la sœur
de Serge. Tout le monde craignait Popol, avec son air d'ours mal léché, mon frère était aussi très respecté. Il n'y a plus jamais eu de mots déplacés.
Dans ce lot hétéroclite je repère très vite Nono. C'est une évidence,
Papa avait raison.
Les jours passent et avec le mauvais temps le chantier prend du
retard.
On se dépêche de terminer une autre baraque, qui plus tard sera la
banque. Elle va servir de dortoir. Mottu et Popol proposent à ceux qui le veulent de dormir sur place, pour gagner du temps. Les garçons travaillent une bonne dizaine d'heures par jour y compris
le samedi et le dimanche.
Un samedi soir, mon frère me dit que les ouvriers lui ont proposé de
venir avec eux au bal, dans un patelin du coin. Le bal c'est pas son truc mais il aimerait mieux connaître son équipe et me propose de l'accompagner. Moi le bal c'est mon truc, danser j'adore
ça.
L'équipe se compose de Nono, Marcel W, Michel B, Roger M (cousin de
Nono) et Rodolphe je ne sais plus quoi. Ces charmants garçons avaient fait un pari (une bouteille de champagne) pour savoir qui sortirait avec moi. Evidemment j'avais prévu de sortir avec Nono.
Ce qui fut fait et Nono m'a vendu la mèche au sujet du pari. Je suis donc allée voir ces jeunes hommes et leurs ais dit que c'était moi qui avais gagné le champagne. Nous avons tous, bu cette
bouteille en rigolant.
Hé! voilà mon destin est en
marche.
Nous sommes au mois de mars. Mottu désire commencer la promo du parc
pour l'ouverture prévue en mai.
Il demande à quelques garçons s'ils acceptent de se couper les
cheveux à "l'iroquois". Nono, Marcel, Gérard et Michel sont les volontaires.
Certains dimanches nous partons dans les villes alentours, nous montons un tepee et donnons un spectacle avec des danses indiennes, interprétées par Mottu et Mario. Tant que nous
faisions des spectacles, la coupe iroquois ça allait, mais quand nous allions dans les bals, les garçons faisaient fureur, maintenant ils passeraient inaperçus mais en 1966 je peux vous dire que ça
surprenait.
Le pont
Le circuit du petit train est prévu sur
deux petites collines. Il va falloir faire un pont pour les relier.
Nouveau défi pour Popol, construire un
ouvrage d'art.
C'est décidé le pont sera construit dans
les règles de l'art, selon les techniques en vigueurs au siècle dernier (19ème). Aucune technique moderne ne sera utilisée.
Les trous pour enterrer les piliers
(fermes) seront faits à la main, plus de deux mètres de profondeur. Les fermes montées à la force d'un treuil à main, celles du centre feront 12m de haut. Même avec le retard Popol n'a jamais
cédé. Après chaque ferme posée, l'équipe quittait le chantier en sautant du haut de la ferme, idée de Serge. Et personne ne s'est jamais dégonflé ;.
Le pont recevra l'agrément de la SNCF,
indispensable pour que le train puisse circuler et transporter des voyageurs. Je vous raconte pas comme Popol était fier.
Les photos de la
construction du pont.
Mottu avait récupéré tous les rails, une ancienne locomotive
et les chariots dans une carrière de la région. La loco était un truc de chantier. Elle fut amenée au garage Delacharlerie à Senlis, (Delacharlerie était le principal actionnaire de la Vallée)
pour y être transformée en loco western, avec son pare-buffles, sous les mains d'un autre artiste Daniel Gaudinot ferronnier hors pair. Mari d'une cousine de
Nono.Lui aussi fait partie de ma galerie d"allumés". Cet homme était un vrai ours quand il était à jeun, j'osais à peine lui dire bonjour. Mais lorsqu'il
avait un verre dans le nez c'était une des personnes les plus drôles que j'ai jamais connu. Un vrai paradoxe.
Certain s'en souviendront peut-être, il
s'éjectait tout seul du saloon en disant "rouler bouler". Et c'était aussi drôle d'un côté de la porte que de l'autre.
Il travaillait avec un autre gars qui
s'appelait Fernand, un soir au retour du garage Daniel dit à Fernand "demain je te mets ma main dans la gueule", nous nous sommes tous regardés un peu étonnés (Fernand faisait presque le double
de Daniel). Le lendemain matin, Fernand buvais son café avec les autres dans la cantine, Daniel est arrivé, lui a collé une gifle magistrale et est ressorti, Fernand est resté comme deux ronds de
flan. Nous n'avons jamais su le pourquoi de cette gifle.
Tout se construit en même temps, la rue principale,
le pont, les routes, le fort qui sera terminé que quelques jours avant l'ouverture .
Quelques chevaux sont déjà au fort. A la
fin de la journée Mottu propose à ceux qui le veulent d'apprendre à monter à cheval. C'est Jean-Marc Diamédo, un ami de Mottu, qui vient s'y coller. Nous aurons en ces occasions quelques bons
fous rires. Je ne dénoncerai personne il y a prescription.
Après l'effort le réconfort, donc après
le boulot il y avait parfois aussi des duels au pistolet. Tout le monde jouait au cowboy. Un duel était prévu entre Mottu et Mario ou Mibel je ne me souviens plus très bien, Mottu n'aimait pas
perdre et donc pour être prêt plus vite il avait armé son pistolet avant de le glisser dans la ceinture de son pantalon. Ce qui devait arriver arriva. Quand il voulut dégainer, le coup partit
tout seul il fut touché dans sa fierté et dans son intimité, le duel se termina à l'hôpital de Senlis.
Peu charitables, nous en avons ri pendant longtemps.
La
promotion
Avril sera un mois chargé.
La promotion pour l'ouverture sera faite
par un autre personnage important pour la vallée , Mr Philippe Cart-Tanneur.
Un géni pour trouver des "coups" de pub. L'attachée
de presse était Laurence Delanaye.
Philippe apprend que les chevaux des glacières de
Paris doivent être envoyés à l'abattoir. La vallée des peaux rouges va faire une bonne action et sauver les chevaux, à grand renfort de battage médiatique.
Pour les rapatrier dans l'Oise une troupe d'une
cinquantaine d'indiens, de cow-boys, d'émigrants, en diligence, covered-wagons, va faire le voyage jusqu'à Paris. Et mettra une semaine pour rentrer à Fleurines à cheval, distribuant sur leur
passage prospectus et entrées gratuites. Cette caravane était impressionnante et s'étirait sur une centaine de mètres avec des figurants à pied, à cheval, en diligence et chariots
d'émigrants.
Ce fut encore une expérience très agréable, j'en
garde un excellant souvenir.
Dans
ce périple se dégageât encore un personnage de ma galerie, Willy, nous avons mis plusieurs jours avant de déterminer si c'était un garçon ou une fille, ça alimentait une grande partie de nos
conversations, si ça avait été un garçon cela aurait été un très joli garçon, mais c'était une fille!!! Un peu spéciale.
L'inauguration
L'inauguration pour la presse a lieu le 6 avril
1966.
L'ouverture se fera début mai. Quelques jours avant, branle-bas de combat, la vallée
se transforme en fourmilière. Les peintres, les décorateurs, les engins de travaux publics, c'est l'entreprise Zuccatto qui fait le terrassement, je monte sur les engins et je me régale. ( Zuccatto
deviendra, un actionnaire, car la facture sera payée en actions. M Zuccatto venait passer ses week-end à la Vallée, il empruntait le chapeau et les revolvers de Nono et jouait au
cow-boy).
La réception des produits mis en vente
dans les magasins.
Dès l'ouverture je vais tenir le
magasin de vêtements. Aucune expérience de la vente, ni de la tenue d'un stock. Mais c'est sur le tas que l'on fait ses preuves.
L'après midi, après la cantine, je
déballe les cartons et je contrôle les bons de livraisons. Il faut dire que tous les produits viennent d'Amérique, jeans, chemises western, Stetson, bottes, ceintures, bollo-tie, cravates, casquettes sudistes et nordistes etc... Michèle, la responsable du magasin, me donne les bons de livraison, me fait voir les cartons et me dit
"contrôle s'il ne manque rien".
Merci Michèle, je n'ai jamais vu de
bon de livraison et en anglais encore moins. Il m'a fallu au moins trois jours pour comprendre les codes, car tout était codé. Aucune aide ne m'a été apportée, personne ne comprenait plus que
moi.
Très bonne
expérience.
Le Sheriff Office sera meublé avec de
vrais Chesters (une folie de Mottu), il voulait que tout soit le plus authentique possible.
La tête de bison du saloon coûtera
aussi une petite fortune.
La vallée commencera avec
un déficit énorme.
L'ouverture
Pour nous c'est la fin de
notre vie de pionnier, il va falloir partager notre terrain de jeux avec les autres. Mais, nous retrouvons nos habitudes dès la fermeture des portes le soir.
Je dois parler du dépaysement que ressentait le client une fois
passées les portes du parc. Pour les amateurs de western, c'était un enchantement, des indiens magnifiques, des costumes à couper le souffle, un régiment de cavalerie plus vrai que
nature.
Pour entretenir le parc
durant la journée Mottu avait eu l'idée d'habiller les gars de l'entretien en bagnards avec un boulet au pied, c'était une attraction à eux seuls. Le gars qui leurs servait de garde prenait son
rôle très au sérieux et de temps en temps il leurs donnait des coups de fouet. Quand un des gars en avait marre, il attrapait son boulet et se mettait à courir, le gars se précipitait derrière.
Cela faisait une attraction non prévue.
Notre mariage
Nono et moi, nous nous sommes rencontrés en février, fiancés en Juillet et mariés
en novembre et cela fait 41 ans, 4 enfants et 8 petits enfants pour le moment.Je
dois vous dire que Popol était ravi de marier sa fille dans ce contexte il n'en était pas de même pour ma mère, elle n'avait pas du tout la fibre western et dans ce cas, pas non plus le sens de
l'humour.
J'aurais encore
beaucoup d'anecdotes à vous raconter, mais toutes ne sont pas racontables, et plus j'écris plus les souvenirs reviennent.
La suite au prochain numéro.
A SUIVRE......
]]>fr2008-03-05T17:21:15Z
http://www.valleedespeauxrouges.net/article-16432935.html
Le livre d'or de 1966.
Durant toutes les années d’ouverture, nombreuses
personnalités et artistes se rendirent à la Vallée des Peaux Rouges.
Certains y tournèrent des films, roman-photos, publicités... Enregistrèrent des disques ou Scopitones … D’autres simplement pour le
plaisir.
Tous malheureusement, n’ont pas laissés de traces de leur passage.
Nous vous présentons ci-dessous le Livre d’or de 1966, année de l’inauguration.
Un grand merci à Raymonde et Nono Gautreau-Lignereux, qui ont réussi à sauvegarder ces précieux
témoignages ( tous ne sont pas identifiés ) et de nous les avoir communiqués, afin que nous puissions les poster sur ce
blog.
Joë Hamman.
Le Comte de La Fayette. Alain Emery. Sam Shappiro. ........
Sheila.
Johnny Hallyday.
Tom
Jones.
Pierre Brasseur.
Maria Latour. Jean Lefebvre.
Bernard Blier. Eric Charden.
Jean Seberg.
Hugues Aufray.
Eddy Mitchel.
Christian Marin.
]]>fr2008-06-04T13:32:14Z
http://www.valleedespeauxrouges.net/article-16778771.html
Notre volonté aujourd'hui, n'est pas de réécrire un nième article
sur la vie richement remplie de Joë Hamman. Notre seule ambition, est de vouloir faire partager à travers quelques photos, les moments privilégiés que nous avons passés en sa
compagnie lors de ses visites à la Vallée des Peaux Rouges. Ce grand Monsieur que nous avons connu, respecté et aimé a été pour nous, "jeunes Westerners" notre
guide.
Petit Rappel Historique.
Né à Paris le 26 octobre 1883, descendant d’un
général d’Empire et d’ancêtres Hollandais, le hasard mène Joë aux Etats-Unis en 1904, il part au Montana où il fait le métier de cow-boy, ensuite il va vivre au South Dakota dans la
réserve des indiens Sioux de Pine Ridge
où il est surnommé Mocking Bird (oiseau moqueur). Il suit
quelques temps le Buffalo Bill's Wild West Show qui
parcourt les Etats -Unis et l’Europe. Il est l’ami
de Rosa Bonheur et devient celui de Buffalo
Bill.
Joë Hamman est peintre, illustrateur de livres, illustrateur publicitaire, conférencier, sculpteur, journaliste... Et Président fondateur
du club du lasso et de
la Blue Star Association.
A partir de 1906, il est à la fois acteur, scénariste, directeur de production, metteur en scène. Il invente le
premier Western Français, créé par
lui, le personnage d’Arizona Bill devient
très populaire. Il participe à une centaine de
films. Pour les besoins de ses films Joë Hamman est aussi cascadeur.
Il résume ses mémoire dans deux ouvrages “Sur les pistes du Far-West” et
“Du Far-West à Montmartre”.
Il s’éteint à l’age de 91 ans le 4 juillet 1974.
Joë Hamman et M. Lestang, lors de l'inauguration de la Vallée en
1966.
Avec Kinou en 1967.
1968. Joë au centre. et de Gauche à droite. Jack Launay,
Couiderc, Ninou Braquet, Paul Pittet, Yvon Montgiron, John Bertinet.
Les
85 ans de Joë en 1968.
]]>fr2008-06-17T11:27:26Z
http://www.valleedespeauxrouges.net/article-14319156.html
Website Ribbon
Souvenirs, souvenirs d’un Ouest qui
était (presque) vrai !
Ou bien … Il était une fois la Vallée des Peaux
Rouges… !
Par Jacques Hantonne
Pour commencer, je parodierai avec déférence le titre d’un de mes livres de
chevet : « de Mémoire Indienne » de Tahca Ushte et Richard Erdoes, en intitulant ces quelques pages
« de mémoire de cow-boy ! ».
Et ce livre qui n’est jamais loin, m’a appris à ne pas mentir. En l’occurrence, commencer mon
récit par dire : la vérité ! Car en ce qui concerne ce qui va suivre tout est authentique (je m’y engage) mais le tout début a commencé (en ce qui concerne notre arrivée à la Vallée en
67) par une imposture.
1967 : Les grises journées d’hiver
se terminent. Assistant photographe de mode, il m’arrive de faire des « Books » de présentation pour des copains comédiens.
Un de ceux-ci, Jean-Pierre Renault
m’explique qu’il y a un parc d’attraction qui a ouvert l’année passée et qui ouvre à nouveau ses portes. Pendant le voyage, sur l’autoroute du nord, il m’explique ce qu’il veut. Il est vrai
qu’avec sa gueule à la Steve Mac Queen, un décor western serait l’idéal ! Arrivés, le décor m’explose au visage, une vraie ville de cow-boys, comme
dans les films, même si les acteurs des petites scènes sont le plombier, le menuisier, car tous arrêtent leurs occupations toutes les heures, pour faire un
show… !
Plus loin, un village
indien avec de vrais tepees, et puis un fort. Au pied de ce dernier on commence la séance de pose, quand un énergumène très en colère (Guy) arrive en jeep et nous demande d’arrêter immédiatement
la séance, puisque nous travaillons sans autorisation. La discussion ne se passe pas au mieux, à tel point que pour ne pas que l’entretien s’envenime plus,
nous acceptons d’aller voir le directeur.
Une fois dans le
bureau, nous nous retrouvons face à un directeur de Parc d’attraction à l’américaine, pas la caricature qu’en fera Bernard Blier (avec quel talent)
quelques mois plus tard dans « le fou du labo 4 ») mais un vrai personnage de roman… Philippe Cart-Tanneur, l’un des deux créateurs, Robert Motura est déjà parti vers de nouvelles
aventures. L’entretien, fort courtois, ne dépasse pas les 40 minutes, mais se termine par notre engagement comme
« cascadeurs »… ! Et si Jean-Pierre et moi faisons bien du cheval dans le premier ranch qu’il y ait eu en France à Auvers-sur-Oise, et que parfois le dimanche il nous arrive de
faire de petites attractions western (et nous aurons l’occasion de nous en apercevoir plus tard), nous ne sommes pas (encore) « des
cascadeurs ». C’était un jeudi, impossible d’oublier, parce que pendant les deux jours du week-end suivant, course à l’habillement (bottes, chapeaux, ceinturons, chemises), à l’armement, mon
premier colt était un navy calibre 36, encore heureux que l’on trouve de tout aux Puces, car nous étions engagés pour le lundi suivant…
Désolé d’avoir menti, mais je crois que pris par une envie soudaine de faire
le cow-boy, ne serait-ce qu’une saison, on a tout laissé tomber, Jean-Pierre son petit boulot de machiniste dans un théâtre et moi mes appareils !
Et dès le lundi nous sommes arrivés. Quelques moues
dubitatives de ceux qui étaient l’année passée, les pionniers, qui voulaient voir « les vrais » cascadeurs. Surtout que notre équipe se composait d’un machiniste, qui avant-guerre
(celle de 40 quand même) avait marché sur un rebord de toit (au 1er étage) et qui pensait honnêtement être un vrai cascadeur, d’un comédien
(en devenir), de mon pote J.P. et de votre conteur (ayant fait mon service, 3 ans dans les pompiers de Paris, j’étais quand même un brin sportif). Dès le départ pour les premières attractions il
a fallu sous les coups de feu, lors des duels qui se faisaient sur le plateau, se jeter (pour de bon et sans protects) (et comme on l’avait vu faire dans les films américains) comme si les
impacts des balles nous projetaient à des kilomètres. Au bout de quelques jours, couverts de bleus, mais toujours sourire au lèvres (comme les mômes : « même pas mal »), les
sourires narquois avaient disparus, même si personne n’était dupe ! Surtout que J.P. était un brin drôle, toujours une connerie à dire et souvent bien
à propos, ce qui nous a sûrement bien aidé à être intégrés… !
Comme le dit Kinou, l’année 67 pour la VPR ce sera une année
extraordinaire. Rien que les chiffres de fréquentation feraient envie à bien des activités de spectacles. Mais plutôt que d’égrener des souvenirs que tous ont vécu, surtout ceux qui ont vécu la
Vallée et ce pendant plusieurs années, je préfère par petites touches, me souvenir de l’attaque du train, où nous emmenions quelques donzelles prisonnières pour un temps, pas toujours farouches
et pour la plupart pas effarouchées du tout ! Le tournage du fou du Labo 4 mérite à lui seul un récit complet, surtout pour votre serviteur puisqu’il fut l’occasion de rencontrer des « vrais cascadeurs » du cinéma et de la télé…, qui seront les détonateurs de mes 30 ans à
venir !
Deux petites précisions sur le récit de notre ami Kinou, mon
envie de mise en scène a commencé à la Vallée, avec la création d’un super moment : tous les dimanches, à la représentation de 16 heures, tous
participaient à : Zarapa (en hommage à Zapata), même les serveurs de la Cantina, les guichetiers quittaient les guérites et nous nous retrouvions à 40 quelques fois plus à participer à cette
représentation, idée reprise par André Cagnard et son équipe de cascadeurs professionnels, lors d’une soirée événementielle pour une marque de voiture ; quant Philippe Cart Tanneur, il a quitté la Vallée fin août/début septembre et c’est Champagne qui a pris le poste de directeur,
homme charmant mais à mon humble avis assez incompétent, ce qui entre autres choses à provoquer notre départ ! Et Pour Philippe (Cart Tanneur) et Motu (Robert Motura) Jean.Pierre et moi les
avons retrouvé comme directeurs à « Robinson Village » village western de la banlieue sud de Paris où J.P et moi avons été bombardés directeurs artistiques et cascadeurs… voire hommes
de peine ! Mais cet échec commercial fut une courte mais géniale aventure… ! Aventure dans laquelle j’avais eu la bonne idée de faire venir
un Tourangeau (Jack Launay) et ses Desperados, qui pendant une partie de l’hiver 67/68 se pelèrent de froid dans les chambres sordides de
Robinson !
Comme le dit (encore) Kinou, l’Histoire de la Vallée mérite
largement un livre mais quelque chose qui soit à la hauteur de ce que nous avons connu. Car ce qui m’intéresse, c’est le creuset qu’à été ce parc d’attractions : comment oublier les
réussites de ceux qui sont passés par la Vallée ; je n’aime guère le mot réussite, car cette dernière est toujours très relative, par rapport à qui, par rapport à quoi ? A tout seigneur
tout honneur, il n’est plus besoin de présenté Mario Luraschi, qui malgré la notoriété acquise ne semble pas avoir oublié l’époque où il faisait la
danse du soleil sur un tout petit podium… Mais il n’est pas le seul, Jean-Marc Diamedo devenu un directeur de production à la Télé, deux des responsables du fort et des chevaux :
Guy Duponchel devenu un cavalier d’équitation western de haut niveau qui avec les frères Blanc-Dumont, Michel et Dominique a ouvert la
voie de cette équitation western, reconnue maintenant par la Fédération et ceux-là ont permis à de plus jeunes cavaliers comme Franck Perret (le fils de Mick, créateur du Montana Ranch et
fidèle ami des cow-boys et indiens de la Vallée) de faire partie de l’équipe de France et Jean-Charles Andrieux dit Charly devenu un cavalier et homme de spectacle de haut niveau et pas
seulement dans son fief du Lubéron ; Gérard Naprous parti faire les beaux jours de tournois en Angleterre et qui a participé à de nombreux
films ; Kinou, cavalier, présentateur et clown (un des premiers si ce n’est le premier à soigner par le rire les mômes dans les hôpitaux),
un des tout premiers arrivé à la Vallée Ninou Braquet devenu un cascadeur tenant d’un beau palmarès tant au niveau des tournages que de ses
prestations dans des Cabarets prestigieux en France et ailleurs ; idem pour mon pote Jean-Pierre Renault, devenu un incontournable de l’équipe d’Yvan chiffre, au moins pendant
un temps avant qu’il ne préfère occuper un poste directorial à Barcelone pour une grand marque de crayon bille. Yvon (de) Montgiron fan de John Wayne et devenu de temps à autre un
(bon) photographe qui a commis quelques articles médias avec Georges Branche responsable des cascades et du dressage des chevaux à la Mer de Sable
(fausse concurrente de la Vallée) Le créateur de ce site Paul Pittet auquel il faut adjoindre sa femme Annie, plus branchés commercial qu’artistique mais dont le nom est connu non
seulement dans notre pays mais dans pas mal de pays voisins et ce jusqu’aux Etats-Unis… Jack Launay qui grâce à Gaïa Bécaud et à Dick Rivers, les deux en temps que producteurs a fait de
très bons vinyles, eh oui c’était l’époque des 45 T et qui de nos jours va jusqu’à Londres faire ses concerts. Sans oublier une figure de légende que je connaissais depuis mon adolescence (nous
étions du même quartier : le 13) le Sheriff Dad ; Je vais, non volontairement, en oublier quelques-uns qui n’eurent pas la chance ou la
tranquillité d’être médiatisé et ne démérite pas pour autant, surtout que certains choix, dans la vie ne sont pas toujours simples à faire.
Quant à votre serviteur, avant de devenir auteur de roman (je ne mets pas de
« s », car, à ce jour seul mon premier roman est paru), je suis entré « en cascade » et ce pendant près de 30 ans, avec 250 tournages et environ un millier de spectacles
équestres (dont la majorité était des spectacles moyen âge !). Mais après être entré au sein d’une équipe prestigieuse de cascadeurs en 68 (celle de Claude Carliez), mon premier gros film en
tant que metteur en scène action, était un western avec Maria Schell à Almeria où j’ai tourné aussi avec Sergio Leone… Puis ce fut en tant que Régleur
et cascadeur les Pétroleuses en 71 toujours un western !
Je voudrai terminer en rendant hommage à tous ceux que j’ai connu, ceux qui ne sont plus
là, ceux perdus de vue, car ils avaient un avantage sur une bonne partie de la population, ils faisaient ce qu’ils aimaient, ce qui n’est pas donner à tout le monde, c’est même d’un luxe extrême
de nos jours et surtout, ils respectaient l’étymologie du mot « amateur » celui qui aime, car hélas on voit de plus en plus des représentations merdiques de quelque style que ce soit,
où les amateurs sont synonymes de médiocres, ce qui finira par provoquer la mort de certains spectacles vivants, catégorie de plus en plus difficile à monter parce qu’onéreuse, mais la qualité à
un prix ! Pas de nostalgie du style « ah ! C’était le bon temps ! ». Je crois que nous tous, à jouer aux cow-boys et aux
indiens, on restera jeunes éternellement !
Jacques Hantonne.
Une Photo du Fou du Labo
4.
]]>fr2008-02-09T16:03:09Z
http://www.valleedespeauxrouges.net/article-13667735.html
Merci,
Tout d'abord merci pour ce blog ! quel plaisir en le parcourant ! que de souvenirs remontent à la surface ! quel
bonheur de voir tous ces gens qui se souviennent de la Vallée qu'à créée mon père et dont j'ai entendu parler toute ma jeunesse !
Un de mes grands regrets est de ne pas avoir eu l'âge de mes soeurs aînées pour pouvoir partager cette aventure et tous les bons moments
que vous avez passé ;
Il m'a donné son virus bien plus tard et j'avoue être mordu à mon tour par tout ce qui touche l'Ouest américain et en particulier les Indiens
;
J'espère que ce blog vivra longtemps ;
Amitiés
Ralph Mottura.
Robert Mottura,
Fondateur de la Vallée des Peaux Rouges.
]]>fr2008-02-09T17:47:20Z